L'automne est ma saison préférée pour les balades. Il ne fait plus chaud, les chiens courent sans s'essouffler, et la lumière est belle. C'est aussi la saison où j'ouvre le plus l'œil.
Voici ce que je surveille chez moi, en Côtes-d'Armor, après vingt-cinq ans d'élevage. Rien d'alarmiste : juste les choses qui arrivent vraiment, et ce qu'on peut faire simplement.
Un mot avant de commencer : je suis éleveuse, pas vétérinaire. Tout ce qui ressemble à une intoxication ou à une douleur au ventre relève du vétérinaire, et tout de suite. Je signale à chaque fois les signes qui ne se discutent pas.
1. Tout ce qui tombe des arbres
Glands, marrons, châtaignes, pommes de pin : pour un chien, c'est un jouet gratuit qui traîne par milliers.
Le risque le plus fréquent n'est pas l'empoisonnement, c'est l'occlusion — le morceau avalé qui se bloque dans le tube digestif. Chez un petit chien comme le Shih Tzu, il n'en faut pas beaucoup. Les écailles de pomme de pin, elles, peuvent blesser au passage.
Et puis il y a les champignons. Les intoxications sont fréquentes à cette saison et certaines sont très graves. Je pars d'un principe simple : aucun champignon ramassé dehors n'est sûr pour un chien, même ceux que je mangerais moi.
Méfiance aussi avec les feuilles et brindilles d'if et de thuya, très toxiques et plantés dans beaucoup de haies.
À faire voir le jour même : vomissements qui se répètent, ventre tendu ou douloureux, chien prostré, refus de manger, bave inhabituelle, tremblements. Si vous avez vu ce qu'il a avalé, dites-le au vétérinaire — ça change tout.
2. Les deux poisons de l'automne
L'antigel. On ressort les bidons dès que les nuits fraîchissent. L'éthylène glycol qu'il contient a un goût sucré, les chiens en boivent volontiers, et il détruit les reins. Quelques gouttes sur le sol d'un garage suffisent. C'est une urgence absolue : on n'attend pas de voir des symptômes, on y va.
Les raticides. L'automne, c'est le moment où les rongeurs rentrent dans les maisons, les granges et les garages — et donc où les appâts ressortent. Un chien peut s'intoxiquer en mangeant l'appât, ou le rongeur. Là encore : vétérinaire immédiatement, sans attendre, en emportant l'emballage du produit si vous l'avez.
3. Les flaques, les mares, et la leptospirose
C'est le point que je trouve le plus sous-estimé.
La leptospirose est une maladie bactérienne transmise surtout par l'urine des rongeurs, qui contamine les eaux stagnantes : flaques, mares, fossés, bords d'étang. En Europe, les cas montent en automne et au printemps — la bactérie se plaît dans l'eau fraîche et à l'ombre.
Elle s'attaque aux reins et au foie, elle peut tuer, et elle se transmet aussi à l'humain. Un vaccin existe et se renouvelle chaque année : à voir avec votre vétérinaire, surtout si votre chien se baigne, chasse, ou vit à la campagne.
Ce que je fais, moi : j'évite les eaux stagnantes en balade, et je m'arrange pour que mes chiens n'aient aucune raison d'y boire. Un chien bien hydraté avant de sortir ne se jette pas sur la première flaque. Chez moi l'eau est propre, renouvelée, toujours accessible — c'est la mesure la plus simple de toute cette liste.
Si votre chien boit peu à la maison, j'en parle en détail dans cet article. Chez moi les points d'eau sont des fontaines à hauteur réglable, mais une gamelle propre changée deux fois par jour fait déjà le travail.
4. L'humidité : les oreilles, les plis, les pattes
Un chien qui rentre trempé tous les jours, ce n'est pas anodin.
- Les oreilles. Chez les races à oreilles tombantes, le conduit reste humide et chaud : c'est la saison des otites. Je sèche l'intérieur du pavillon avec un linge doux, sans jamais rien enfoncer dans le conduit.
- Les plis du visage. Chez le Shih Tzu, le Carlin, le Bouledogue, l'humidité qui stagne dans les plis irrite puis s'infecte. Un coup de linge sec le soir suffit la plupart du temps.
- Les coussinets et l'entre-doigts. La boue, les graviers, le sel qui arrive plus tard dans la saison. Je rince à l'eau claire et je sèche entre les doigts.
- L'arthrose. Le froid humide réveille les articulations des chiens âgés. Si votre vieux chien se lève plus difficilement, ce n'est pas « l'âge », c'est une douleur — et ça se soulage. Parlez-en au vétérinaire plutôt que de donner quoi que ce soit de votre armoire à pharmacie : beaucoup d'anti-inflammatoires humains sont toxiques pour le chien.
5. Les parasites ne s'arrêtent pas en septembre
C'est l'erreur classique : on relâche les traitements à la rentrée. Or les tiques restent actives tant qu'il ne gèle pas franchement, et un automne doux comme on en a en Bretagne les laisse en activité très tard. Je continue les traitements, et je passe les mains dans le poil au retour de chaque balade — cou, oreilles, aisselles, entre les doigts.
6. La chasse, et la nuit qui tombe à 18 h
En campagne, la saison de chasse change complètement les balades. Mes règles : gilet fluo pour le chien (et pour moi), laisse ou rappel impeccable en forêt, et on évite tôt le matin et en fin de journée le week-end.
La lumière qui baisse, c'est aussi la visibilité en bord de route. Un collier lumineux coûte quelques euros et se voit à cent mètres.
7. La mue d'automne
Le poil d'été tombe, le poil d'hiver pousse. Chez un chien à poil long, c'est à ce moment-là que se forment les nœuds qu'on n'arrivera plus à défaire ensuite. Je brosse davantage à cette période — et surtout je brosse jusqu'à la peau, pas seulement la surface. Un poil lisse au-dessus peut cacher un feutrage complet en dessous.
Mon rituel du soir, en trois minutes
- Les pattes : rincer, sécher entre les doigts.
- Les oreilles et les plis : un linge sec.
- Les mains dans le poil : tiques, épines, nœuds qui commencent.
- Un coup d'œil à la gamelle d'eau : vidée, rincée, remplie.
Trois minutes, tous les soirs. C'est ce qui m'évite la plupart des rendez-vous chez le vétérinaire.
Une question sur l'un de ces points ? Écrivez-moi à contact@paw-patpets.com. Je ne remplacerai pas votre vétérinaire, mais après 25 ans j'ai quelques astuces pratiques à partager.
Cet article partage mon expérience d'éleveuse en Côtes-d'Armor. Les intoxications, la leptospirose et les otites sont des urgences ou des pathologies qui relèvent du diagnostic vétérinaire. En cas de doute, consultez sans attendre.